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 Précieuses Histoires - [Vol 4. Destin du Mage Vi Banlux (Le)] <Auteur Inconnu>

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Menthane Voulcanos

Menthane Voulcanos

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Date d'inscription : 21/05/2009
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MessageSujet: Précieuses Histoires - [Vol 4. Destin du Mage Vi Banlux (Le)] <Auteur Inconnu>   Précieuses Histoires - [Vol 4. Destin du Mage Vi Banlux (Le)] <Auteur Inconnu> Icon_minitimeLun 18 Juil - 22:36

Une jeune demoiselle, dont vous ne pourriez pas même imaginer la beauté, n’avait que pour unique crainte le fait de voir son visage dans l’eau écarlate de la Rivière Kawaii. Ses formes magnifiques ne savaient alimenter en elle qu’une douleur infâme, dévorante et sans pitié : car Aurora était sublime, et accompagnait avec elle dans ses plus longues promenades tous les regards des Princes et Héros qui croisaient son chemin. Pourtant, cette immonde magnificence ne put jamais la contenter : d’année en année, ses formes séduisantes ne surent que lui offrir une démente tristesse malgré son succès auprès des hommes.

Le très jeune Banlux, brillant adepte de Xélor et frère de la charmante jeune femme, semblait être son plus strict opposé : le Temps avait déjà consumé sa peau, et sa croissance se stoppa net l’adolescence à peine atteinte. Le destin ne lui avait accordé aucune beauté, si bien qu’il fût contraint de s’entourer de fines bandes de lin du visage jusqu’aux pieds. Aurora hésitait entre dégoût et pitié, et vacillait entre l’amour d’une sœur pour un frère, ou bien pour de la répugnance d’une belle face au visage d’un monstre dégoûtant.


Consumé par l’irrésistible beauté de sa sœur, Banlux fut un jour perverti par une incestueuse pensée. L’adolescence atteinte, il ne pouvait en effet plus lutter contre ces pulsions folles, ces souhaits d’un amour impossible. Quand sa sœur partait laver le linge, il la suivait toujours, à jamais silencieux, et admirait un visage d’ange dans le reflet de l’eau limpide. Il s’agissait de sa seule rêverie, de son unique pêché.

À dix-sept ans, Banlux en faisait déjà soixante. Sa peau, vieille et hideuse, ne savait plus se discerner des bandelettes malodorantes qui recouvraient son corps. Il fut bientôt consumé par une rage qu’il ne savait plus alors contrôler : la Fortune n’avait jamais su briller pour lui, et bien que ses rêves les puis fous lui fissent tourner la tête, il n’avait aucune idée de la façon dont il pouvait les accomplir.

Au plein cœur d’un rêve prophétique, un jour, le Dieu Xélor sembla un instant lui parler. Celui-ci lui déclamait : « Va, triste Banlux, vis dans ce corps et atteins l’âge adulte en toute tranquillité. Là, tu construiras ton Cadran, symbole de la majorité et de ton pouvoir absolu sur le Temps. Une incroyable beauté te sera alors offerte le jour de ton dix-huitième anniversaire et persistera à jamais, sois sans crainte. Seulement, un lourd impôt pèsera sur toi et ta famille : ta sœur Aurora ne devra jamais regarder au-travers de ce précieux Cadran. Pour ce, il te faudra fuir cette femme pour toujours. »

Banlux but les paroles de son Dieu, si bien qu’il prît l’initiative de commencer la construction de son Cadran les jours qui suivirent ce songe intrigant. Il comprit au cours de son ouvrage qu’un nouveau destin lui avait été dessiné par Xélor lui-même : Banlux devait s’éloigner de sa sœur pour la protéger, et obtiendrait pour lui-même un visage immaculé et un corps idyllique.


Le Cadran était magnifique : nul autre pareil ne se trouvait en ce Monde. Sonnèrent alors les douze coups de minuit, instigateurs de la nouvelle vie du disciple de Xélor tout juste adulte : Banlux pouvait maintenant vivre comme il le rêvait depuis toujours, mais il lui fallait alors quitter sa sœur au plus vite pour que celle-ci ne puisse jamais poser son regard sur ce gigantesque objet magique.

Le matin de son départ, Banlux s’admira dans l’eau de la Rivière Kawaii, plus claire que jamais. Le temps s’écoula, s’égraina lentement d’abord puis à une vitesse folle, sans que le disciple de Xélor ne se rende compte de sa longue exaltation. Aurora remarqua l’absence de son frère cadet et se mit à efficacement à sa recherche. Ses efforts lui permirent de remonter le cours d’eau très rapidement : elle trouva le long du sentier un chariot rempli de provisions et, à son sommet, un gigantesque disque de verre qui réfléchissait la lumière de façon divine. Très vivement incitée par de telles lueurs, réfléchies par le Cadran, Aurora regarda au-travers de celui-ci avec une candeur jusqu’ici inconnue.

D’atroces hurlements, à l’identique des bruits émanant d’une créature immonde que l’on égorge, firent sursauter le narcissique Banlux. Celui-ci quitta sa transe et rejoignit son convoi. La bête était recroquevillée au milieu du passage, toute immonde car ridée de parts en parts. Lorsque Banlux s’approcha, il reconnut sa précieuse sœur, alors pareille à une fleur incendiée par l’astre brillant brûlant à son zénith. Assiégé par une terreur remarquable, il lui porta secours comme l’aurait fait un amant dépêché aux côtés de sa dulcinée expirant son dernier soupir.
Même les Eniripsas de Terra Amakna n’auraient rien pu faire devant un tel maléfice : alors que pouvait bien effectuer un pauvre adepte de Xélor au milieu d’une route dangereuse ? Lorsqu’il se rendit compte de l’inéluctable finalité, il détacha de son bagage une broderie fine qu’il usât pour recouvrir le corps d’Aurora.


Banlux se retira dans une région lointaine, poursuivant son voyage tel un navire porté par les vagues du destin effroyable. Arrivé dans une forêt épaisse et hostile, au beau milieu d’une gigantesque grotte alors longuement creusée par ses soins, il y dissimula le terrifiant Cadran, source de son profond malheur.
Il implora ici Xélor : « Quel dément Seigneur peut ici répondre de ses actes ? Rushu lui-même ne saurait s’avouer responsable d’une telle saignée ! Le Monde ne vit plus, le Monde ne m’entend plus. Vous Douze, porteurs des splendeurs de ce Monde, je renie en ce lieu le Temps et l’Espace ; je me supprime ! Laissez-moi quitter cette Réalité pour vous rejoindre ! Essuyez mes larmes et hissez mon âme à vos côtés ! »

Les Dieux du Panthéon reçurent cette prière avec un bien grand mal. Les insultes violentes proférées à l’encontre de Xélor furent prises en considération : Banlux ne devait pas mourir, puisque sa beauté devait persister « à jamais », selon la parole du Dieu du Temps. Aussi, cette incarnation de la beauté associée à la non-mort serait l’ultime fardeau du jeune homme imbu de lui-même. Il fut ainsi maudit par les Dix, alors ici juges d’une âme perfide écartée du droit chemin.



{Le long parchemin est déchiré à ce niveau. Seuls subsistent ces quelques écrits à cet instant.
Peut-être qu’un jour les pages manquantes de ce parchemin seront retrouvées…}

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